Faire vivre la communauté des mille alumni bien au-delà de la création de leur entreprise, c’est le pari volontariste du BIC de Montpellier. Ce nouveau rendez-vous, appelé à se renouveler autour de différentes thématiques, vise à renforcer les échanges et les collaborations entre entrepreneurs accompagnés. Une dynamique qui s’inscrit dans la maturité d’un écosystème qui fêtera ses 40 ans en 2027.
Investir dans une startup, une aventure avant tout humaine
Très vite, un constat s’impose : investir ne se limite pas à financer. Il s’agit également de transmettre une expérience et de faire profiter d’un réseau. Les témoignages de plusieurs binômes investisseurs-entrepreneurs ont illustré cette réalité largement partagée.
“ J'avais envie de rendre au territoire ce qu'il m'avait permis de construire. Ce qui compte, c’est donner confiance. Quand un entrepreneur sent qu’on croit en lui, tout change. ”, résume Bruno Méline, fondateur de Diadom.
Après avoir cédé son entreprise en 2018, il est devenu investisseur. Une manière, explique-t-il, de rendre au territoire ce qu'il lui a apporté.
Même logique pour Sylvie Roussel, fondatrice d'Indatech puis d'Ondalys, aujourd'hui investisseuse deeptech.
" C'est un passage de relais. D’autres nous ont aidés, à notre tour d’accompagner les entrepreneurs dans leur stratégie et leurs levées de fonds. ”
Claudia Zimmer, fondatrice d’Aquafadas, aujourd’hui investisseuse et cofondatrice de CYME, insiste sur la dimension opérationnelle de cet accompagnement : “ On transmet une expérience, mais c’est aux entrepreneurs de l’adapter à leur réalité. C’est là que la magie opère. ”
Pour les entrepreneurs accompagnés, cet apport dépasse largement le financement. “ Ils sont devenus des membres de l’équipe. Je m’appuie sur leurs compétences et leur réseau ”, précise Mélanie Parnot, fondatrice de la legal tech Droits Quotidiens.
Même constat pour Robin Alauze, fondateur de Line’Up Ocean dans laquelle Sylvie Roussel a investi : “ Nous cherchions quelqu’un capable de challenger nos choix et nous aider à prendre de la hauteur. Sylvie est à la fois bienveillante et pragmatique. ”
Des réseaux de business angels pour préparer l'avenir
Pour Pauline Renard, fondatrice de La Picorée et accompagnée par Philippe Nahoum, l’intérêt des réseaux est d’abord pratique : “ On gagne du temps et on accède à une diversité de profils et de compétences. ”
Quels qu’ils soient, les réseaux défendent tous une approche collective de l'investissement. Les analyses sont partagées, les expertises croisées, les décisions enrichies par la diversité des parcours et les capacités d’investissement potentiellement démultipliées.
“ On investit d'abord dans une personne. Les business plans évoluent sans cesse, ce qui reste, c'est l'énergie et la capacité d'adaptation d'une équipe. Il faut à la fois passion et raison pour aller loin.” analyse Philippe Nahoum, serial entrepreneur et co-président d'Occitanie Angels.
Même conviction chez Femmes Business Angels, premier réseau féminin de business angels en France et en Europe, qui entend élargir le profil des investisseurs.
“ Les femmes représentent moins de 10 % des business angel en France, alors même que leurs investissements affichent des performances quatre à cinq fois supérieures à la moyenne nationale ”, ajoute Marie-Pierre Sbardella, secrétaire générale du réseau Femmes Business Angels.
En conclusion de cette première rencontre, tous saluent l’initiative du BIC pour créer les bonnes conditions d’une mise en contact investisseurs et startups et affichent une volonté de prolonger cette dynamique vertueuse.
“ J’ai été accompagnée deux fois par le BIC ; l’équipe est incroyable. Elle sait analyser les besoins et proposer un accompagnement sur-mesure, c’est assez remarquable. Ensemble, nous avons le potentiel de faire de belles choses car l’enjeu est bien de voir éclore de nouvelles générations d’entreprises”, souligne Claudia Zimmer, CYME.
Athanase Kollias, fondateur de Kinvent, complète “ Le BIC nous a aidés à grandir : premiers clients, recrutements, financements. On m'a beaucoup donné. Aujourd'hui, j'ai envie de donner à mon tour. ”
Une communauté active, engagée et solidaire qui illustre sans doute l’une des plus belles réussites du BIC de Montpellier : voir ses entrepreneurs, anciens comme nouveaux, contribuer au développement du territoire.


